Économie vs Écologie: quel est le problème du « en même temps »… ?

Regardons notre monde en face.

Jamais il n’y a eu autant de phénomènes de rente qui concentrent autant de profits sur quelques grands groupes. Il y a dans le monde et jusque dans les pays les plus riches, une multitude d’hommes et de femmes, qui n’ont même plus l’espoir de sortir un jour de leur détresse matérielle et morale. 

Je veux m’adresser à la conscience de tous ceux qui ont une responsabilité dans la conduite des affaires du monde. Parce que si nous ne le faisons pas, les pauvres et les exploités se révolteront un jour contre l’injustice qui leur est faite.  C’est d’un nouvel état d’esprit dont le monde a besoin, c’est un véritable New Deal écologique et économique à l’échelle planétaire qui est nécessaire.
Il faut que les choses changent, que les mentalités changent, que les comportements changent. C’est notre responsabilité. C’est notre responsabilité maintenant parce que demain il sera trop tard, parce que sinon nous verrons ressurgir toutes les menaces que les hommes de l’après-guerre croyaient avoir conjurées. Ne prenons pas ce risque à la légère.

Nicolas Sarkozy …non, vraiment !      25 septembre 2007 /  Nations Unies…la classe non ?

Attention, cette question est politiquement au centre de pas mal de nos problèmes actuels…

Exemple très concret : peut-on « en même temps » signer un appel à sauver les abeilles ET se prononcer contre l’interdiction des néonicotinoïdes ? Oui !
C’est ce qu’on fait 30 des 36 députés Les Républicains coauteurs d’une tribune publiée fin décembre dans Le Monde et appelant à préserver les abeilles, comme le révèle Stephane Foucart ce matin dans le même journal.
Sur les 36 signataires,
👉 30 ont soutenu au moins un amendement contestant l’interdiction des néonicotinoïdes
👉 une dizaine a cosigné un ou plusieurs amendements autorisant le retour des épandages aériens de pesticides, au moyen de drones
👉 une vingtaine a proposé ou soutenu la suppression ou l’affaiblissement d’une mesure-phare du projet de loi Egalim : la séparation des activités de vente de pesticides et de conseil technique aux agriculteurs, etc…
👉 Au total, à l’exception de Brigitte Kuster et Nathalie Bassire, tous les coauteurs du vibrant appel à sauver les abeilles ont tenté de réfréner l’ambition du projet de loi Egalim de limiter le recours aux pesticides !!

La biodiversité s’effondre parce qu’une certaine culture du compromis empêche de mettre en place les solutions. Il faut sortir de cette idée que tout est toujours conciliable, que l’économique et l’environnemental sont toujours compatibles. Il faut arrêter avec cette utopie infantilisante du développement durable. Oui : protéger la biodiversité implique parfois de stopper des projets de développement économique.

La conciliation privilégie toujours l’économie aux intérêts environnementaux. La protection des espèces et des espaces souffre de ces compromis : les zones protégées ne le sont pas vraiment lorsque le tourisme et les activités agro-pastorales y sont présentes. Les sols vraiment protégés dans des réserves biologiques intégrales ne concernent que 0,02 % du territoire métropolitain français.

Le même esprit de conciliation nuit aux espèces protégées. Des espèces menacées sont juridiquement protégées mais on autorise pourtant leur chasse sur le territoire national, c’est complètement paradoxal. Le loup, par exemple, bénéficie d’un statut de protection fort au niveau national et par la convention de Berne. Mais sur une population de 430 individus, on autorise d’en tuer 40, soit 10 % de la population. Ça ne s’appelle pas de la régulation mais une politique d’extermination. Il y a plein d’exemples : sur la soixantaine d’espèces d’oiseaux autorisés à la chasse, 20 sont sur la liste des espèces menacées de l’UICN.

En outre, le compromis ne satisfait personne. Prenons l’exemple du râle des genêts. Cette espèce d’oiseaux niche dans les prairies humides. Il faudrait que les agriculteurs ne fauchent les prairies qu’à la mi-juin pour ne pas écraser les femelles et leurs oeufs avec. Mais la négociation a imposé un compromis de fauchage début juin. Résultat, les râles sont écrasés et l’agriculteur n’est pas non plus satisfait parce qu’il perd en rendement. Il faut simplement admettre qu’on ne peut pas faire du « en même temps » partout.

Merci  Juliette Nouel 😉

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/05/sur-les-36-deputes-signataires-de-l-appel-a-sauver-les-abeilles-30-ont-soutenu-au-moins-un-amendement-contestant-l-interdiction-des-neonicotinoides_5405347_3232.html

Mais quand cette hypocrisie prendra-t-elle donc fin ?
Quand nombre d’élus (de tous bords) cesseront-ils de nous prendre pour des idiots sur ces questions vitales ? Combien de temps encore pour réaliser que cette attitude est suicidaire ?

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