Devenir durable ou disparaître : les entreprises ont elles saisies l’enjeu ?

« Un des signaux d’alarme les plus visibles indiquant que nous sommes peut-être en voie de réaliser l’idéal de l’animal laborans, c’est la mesure dans laquelle toute notre économie est devenue une économie de gaspillage dans laquelle il faut que les choses soient dévorées ou jetées presque aussi vite qu’elles apparaissent dans le monde pour que le processus lui-même ne subisse pas un arrêt catastrophique. »   Hannah Arendt , philosophe, dépeint notre société moderne, celle du triomphe de « l’animal laborans », qui existe par le travail, vit de production et de consommation. Si bien que la consommation  ne se borne plus aux nécessités mais se concentre au contraire sur le superflu.

Intéressante, la mutation sémantique (!?)  d’Unilever, Danone et autres entreprises FMCG… mais est ce que cette prise de conscience va véritablement se concrétiser dans les faits…et suffisamment tôt ?!

« Notre modèle centenaire consistait à proposer des produits de masse à des masses de consommateurs. Il a vécu ! » a même osé dire Paul Polman à Davos.  On est plein d’espoir…

Les multinationales comme Unilever sont confrontées à d’énormes défis environnementaux, vu le CO2 qu’elles produisent elles-mêmes et vu l’empreinte écologique de leur chaîne de production. Selon  la CEO d’Unilever Belux, les entreprises qui n’investissent pas dans la durabilité sont … vouées à disparaître, carrément !

Huile de palme
Pour Unilever la principale matière première est de loin l’huile de palme : celle-ci est présente dans quasi tous les snacks et produits d’hygiène du groupe, allant du chocolat au shampooing. Or l’huile de palme est très controversée, car le développement de plantations de palmiers à huile est l’une des causes de la déforestation, notamment en dans le Sud-Est de l’Asie.

Depuis que Greenpeace a dénoncé l’origine parfois douteuse de l’huile de palme, Unilever exige des certificats physiques afin de garantir l’origine de l’huile.  En 2018, 66% de l’ huile de palme était certifiée , d’ici la fin de cette année Unilev veut atteindre 100% .. Depuis ce rapport, Wilmar, le plus grand marchand d’huile de palme mondial, a procédé à des « changements », après quoi Greenpeace a suspendu sa campagne contre l’entreprise…peut mieux faire non !?

Plastique is problematic !
Le deuxième grand défi pour Unilever est le plastique : l’emballage de ses produits nécessite des quantités  gigantesques de plastique. Imaginez que par exemple Coca-Cola utilise mondialement plus de 128 milliards de bouteilles annuellement…128 !! Ce chiffre est simplement monstrueux…

Unilever mise sur trois axes : moins de plastique, du meilleur plastique et pas de plastique.  Outre les études en vue d’utiliser moins de plastique pour les emballages, l’entreprise essaye de recycler autant que possible – par exemple en collaboration avec Ioniqa, qui a développé une technique permettant de recycler entièrement le PET. Parallèlement Unilever recherche des alternatives pour le plastique, comme des brosses à dents en bambou ou des détergents sans emballage plastique…

Vu la croissance de la population mondiale et la consommation accrue dans les pays en voie de développement, la demande de plastique devrait quadrupler d’ici 2050. Une des solutions à ce problème serait le modèle circulaire. Un modèle dont tous les acteurs majeurs sont encore très éloignés aujourd’hui : actuellement seul 5% de tout le plastique dans le monde est recyclé…et fini majoritairement dans les océans .

CO2
Depuis 2008 Unilever serait parvenu à réduire de près de moitié les émissions de CO2 de ses usines. Néanmoins sur l’ensemble de la chaîne ses émissions de CO2 ont augmenté de 9%, alors que l’entreprise a grandi de 33%. « Nous voulons opérer entièrement avec de l’électricité verte d’ici l’an prochain et être neutres en CO2 d’ici 2030.

Le prix sur le carbone est un important levier: Une taxe sur le CO2 est une des meilleures manières de confronter les pollueurs à leurs responsabilités . Aussi les entreprises n’ont pas d’autre choix que d’opter pour un modèle durable et « doivent » changer pour survivre.

Déclarations qu’on aimerait bien voir se concrétiser en faits au delà de belles phrases prometteuses comme « Seules les entreprises responsables ont un avenir. Nos collaborateurs, les consommateurs et les actionnaires nous jugeront là-dessus. Les jeunes employés ne veulent plus travailler pour une entreprise qui ne tient pas à cœur ces valeurs. »

Allez, encore un effort !

CQFD: Notre modèle économique est-il – vraiment – encore rentable ?

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