Une simple question d’Education…prioritaire !?

Vos croyances deviennent vos pensées, Vos pensées deviennent vos paroles, Vos mots deviennent vos actions, Vos actions deviennent vos habitudes, Vos habitudes deviennent vos valeurs, Vos valeurs deviennent votre destinée. » Mahatma Gandhi

Pourquoi les programmes actuels de l’école française trahissent un mépris total pour les enjeux de notre époque comme le déréglement climatique ou la disparition massive des espèces ? Nous commençons tous à ressentir les effets désagréables des conditions dégradées de la vie sur Terre, mais au lieu de préparer les jeunes générations à l’avenir difficile qui leur est promis, l’Ecole de la République semble les préparer à un retour vers les Trente Glorieuses… !?

La problématique environnementale est aujourd’hui sabordée… abordée au mieux comme un centre d’intérêt parmi d’autres, au pire comme une curiosité intégrée dans le domaine des Sciences et Technologies. Au lycée en classe de Seconde Générale il y a bien des enseignements optionnels d’économie, ou d’art, mais d’écologie nulle part!

La communication officielle sur les nouveaux programmes mentionne bien que la notion de « développement durable » à été prise en compte. Sans s’arrêter sur le fait que cette notion est très complaisante vis à vis de la poursuite des buts économiques classiques (sempiternels notion de progrès, croissance et avenir prometteur), la lecture de ces programmes révèle que les rares mentions d’une éventuelle préoccupation environnementale sont toujours noyées ou précédées de « économique, social, culturel… »

Quand nos chères têtes blondes auront le choix entre étudier la danse ou …d’éventuelles techniques de survie aux catastrophes sans précédent qui se déploient !?

L’Instruction Civique et la Morale sont entrées dans les programmes d’école élémentaire comme des domaines d’apprentissages importants, ainsi que la transmission de la Culture Humaniste, dont il est dit « Avec la fréquentation des œuvres littéraires, elle contribue (…) à la formation de la personne et du citoyen. » apparemment le citoyen envisagé n’est pas Terrien. Tout ceci nous rappelle à quel point nos idéologues réchappés du XXe siècle habitent sur un astéroïde égaré et non sur Terre au XXIe siècle !

L’obsession pour l’Homme, avec un H tellement grand qu’il cache le soleil, s’exprime encore explicitement dans les textes cadres des programmes élémentaires par des expressions telles que

« le monde construit par l’Homme» par opposition avec celui de la « Nature » supposée immuable et inerte, en concédant une légère attention à la « maîtrise des changements induits par ses activités » (à l’Homme). Le miroir de Narcisse n’est relâché que pour vénérer l’Economie. La continuation de ce culte de l’Humain et de la Société, -comme si le social n’était pas toujours déjà là, est bien ce qui nous prive des possibilités de se rendre compte que nos corps, nos activités, sont constituées d’environnement, sont liés à tout le vivant dans une interdépendance dynamique permanente. L’humano-centrisme, ou le culte de la Société auquel l’enseignement scolaire se voue nous empêchent d’inventer des façons plus fertiles de sentir le monde car des valeurs imaginaires écrasent nos sens de terriens. Pire, elle induit en erreur les jeunes générations.

Par exemple si nos enfants de l’école primaire savent tout du Gorille, qu’ils n’ont jamais vu et qui va disparaître d’ici à ce qu’ils soient adultes (mais non, il y en aura dans les zoo), et rien du hérisson ou du pigeon, ni des bactéries de leurs intestins ou de ce qu’ils mangent . Ils savent quel pays est en voie de développement, ou que le Sud-Ouest de la France devrait être mieux doté en autoroutes, mais pas dans quel sens coule la rivière à côté de laquelle ils habitent, ni quelle ville elle traverse en aval, ni d’où proviennent les PCB qui s’accumulent dans le corps de ses poissons, les traces de pesticides OrganoChlorés qui… La Liberté, la Démocratie, l’histoire de l’Art, les grandes figures de la modernité sont leur quotidien, quelles seront les figures de leur avenir ? A quoi servira la liberté individuelle dans une atmosphère irrespirable ? A quoi sert le sens critique qui figure dans les objectifs pédagogiques si c’est pour renforcer notre comportement d’espèce menaçante ?

L’école ne peut plus être l’école de la nation, mais celle de la Terre qu’il faut travailler à instituer comme les instituteurs ont institué la Nation. Ca n’est plus une École mais une Écologie qu’il faut à nos enfants.

L’Ecole doit donc enseigner les sciences appliquées aux énergies renouvelables, aux transports en commun et à la dépollution, à l’agro-ecologie et l’alimentation, elle doit conter la genèse de l’atmosphère, apprendre à chérir les coraux et le phytoplancton, évaluer si la place de l’homme dans le monde n’est pas sur le strapontin, dans le bolide qui transporte les poussières de plomb, les PCB, les oxydes de mercure, le césium 137 , l’ozone et le CO2 à travers le cimetière des espèces diparues…

Pour retrouver la sensibilité que nous avons perdue et que nous ne pouvons transmettre, nous voulons que nos enfants reviennent avec l’histoire des écosystèmes, construisent une géographie moins humano-économique et avertie du danger de l’universalisme, locale et ancrée dans des territoires à soigner ; nous voulons des Fictions qui fassent émerger des figures à la hauteur des enjeux car nombres de héros du passé feraient maintenant mieux de raser les murs. Nos adolescents doivent pouvoir s’initier à la philosophie de la Terre, apprendre des Langues qui ne parlent pas la mondialisation économique, mais qui partagent les expériences de la relocalisation de l’économie et de la souveraineté alimentaire.

Pour pouvoir répondre aux défis qui les attendent nos enfants ont besoin de connaître le monde dans lequel ils vivent d’une façon bien plus réelle que l’imaginaire de nos pédagogues en chef.

Ce sont ces défis qui définissent l’avenir et par conséquent le projet que l’École doit soutenir.

Même l’Instruction Civique et l’Enseignement de la Morale si chers à ceux qui regardent dans le passé ne peuvent qu’être dédiés à l’engagement écologique si leur utilité est respectivement de porter un projet de Monde et de d’inculquer des valeurs communes – bien qu’il soit préférable d’essayer de rendre sensible à la valeur du Commun, celui qui nous unit, qu’on le veuille ou non.

« C’est bien de disrupter avec l’IA et les big data, mais il faut d’abord habiter dans un monde vivable »​

Maintenant, Discours remarquable de deux élèves de l’Ecole Polytechnique le 7 juin, lors du premier colloque de l’école consacré au « développement durable ».
Extraits :
👉 « On ne sait plus quel chiffre choisir pour montrer l’urgence à agir et on se demande pourquoi tout le monde ne se consacre pas à ce problème, toutes affaires cessantes. »
👉 « Nous devons arrêter d’avoir peur d’un monde plus sobre. Nous voulons de la sobriété, pas de l’efficacité. »
👉 « Trier nos déchet et éteindre la lumière ne suffiront pas. Les actions individuelles isolées ont un impact négligeable sur la course à la destruction. »
👉 « L’utopie n’est pas de notre côté, mais du côté du business as usual. »

J’aime bien la liste d’exigences vis-à-vis des entreprises dans lesquelles eux et leurs ami(e)s souhaiteraient travailler, à savoir des entreprises… – qui mettent en place « des modèles crédibles de sobriété », – qui « refusent d’accélérer l’épuisement des ressources par des stratégies marketing agressives »; – qui « assument la responsabilité de leurs externalités négatives et prennent en compte leur impact sur la biodiversité »; – qui « repensent la finalité de leurs produits et questionnent leur utilité; – qui « mettent en place des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre planifiés et compatibles avec la trajectoire 2°C sans recourir à des technologies miracles dont le développement et le déploiement restent très incertains », et qui sont « prêtes à remettre en cause leur modèle de développement ».

  L’Ecole Polytechnique a organisé vendredi 7 juin 2019 un colloque sur le développement durable. Le vent soufflait fort ce jour-là sur le plateau de Saclay… En introduction de la journée, les étudiants de l’association DDX, Margot Besseiche et Benoit Halgand ont signifié que plus rien ne peut rester comme avant. Les diagnostics sont connus, la trajectoire catastrophique aussi. Désormais il faut passer à l’action et vite, disent-ils : « Si on veut sortir de cette trajectoire “business as usual”, il nous faut interroger ce business et remettre au coeur de nos activités les enjeux écologiques« . Des décisions émergent : un séminaire obligatoire de formation à l’urgence biologique et climatique se tiendra fin juin à l’X. En septembre, les étudiants du Manifeste pour le réveil écologique vont publier un questionnaire d’embauche en 7 points pour exiger des entreprises où ils postulent de mettre l’écologie au centre. @

Merci de nous donner la parole. Nous trouvons important de pouvoir nous exprimer sur ces sujets. Il y a de nombreux spécialistes dans la salle qui ont beaucoup de choses à nous apprendre mais les plus concernés par les enjeux écologiques, c’est nous. Les générations futures, dont on parlait déjà au sommet de la Terre à Rio en 1992, nous en sommes les premiers représentants : notre génération sera impactée par les conséquences du réchauffement climatique.

On en entend souvent parler de ces effets du réchauffement climatique. Il y a beaucoup de chiffres là-dessus mais, comme ce sont des données toujours un peu sidérantes, il est utile de se les remémorer pour situer l’ampleur du problème. Selon Météo France, pas une ONG environnementale hein, dans le cas d’un scénario « business as usual »,c’est à dire si on n’arrive pas à changer rapidement de trajectoire, on pourrait avoir cette carte des pics de chaleur en France. Regardez, ce point à plus de 54°C, c’est Lille. Et, 2050 c’est demain, nous, nous aurons votre âge, à peu près. Des chiffres comme ça il y en a des dizaines, on ne sait pas lesquels choisir. Prenons une autre cartographie, publiée dans Nature en 2017.Vous voyez les zones en rouge sur cette carte du monde ? Selon la trajectoire actuelle, elles seront invivables d’ici la fin du siècle – et par invivables, je veux dire soumises à des vagues de chaleur mortelles la majeure partie de l’année. Ces zones concernent quelques milliards d’êtres humains, notamment en Asie du Sud Est, et annoncent autant de réfugiés climatiques –pour ceux qui auront les ressources suffisantes pour quitter leur lieu de vie.

Un dernier chiffre, qui ne parle pas du changement climatique mais aussi de la 6° extinction de masse : la biomasse en insectes a diminué de 76% en 27 ans en Europe de l’Ouest, et 80% de la production alimentaire dépend des insectes pollinisateurs. Avec une agriculture aussi fragilisée, comment pourra-t-on nourrir plus de 11 milliards d’humains en 2100 ?

Tous ces faits sont pour la plupart connus depuis plus de vingt ans. Quand on les regarde, on ne comprend pas pourquoi tout le monde n’est pas en train de faire son maximum pour changer de trajectoire. Que faisons-nous depuis 20 ans ?

Et ce qui nous inquiète d’autant plus, c’est qu’il ne nous reste plus beaucoup de temps pour endiguer ces phénomènes. 2050, ce n’est pas un film catastrophique de science-fiction, c’est notre futur proche, l’apogée de notre vie active… Ne pas vouloir la vivre dans un monde qui ressemble à ça, ce n’est pas seulement par bonne volonté ou par politesse pour les générations futures ; pour nous c’est simplement du bon sens et dans notre intérêt.

Si on veut sortir de cette trajectoire “business as usual”, il nous faut interroger ce business et remettre au coeur de nos activités les enjeux écologiques.

En ce qui concerne l’Ecole polytechnique, c’est dans les activités d’enseignement, de recherche et l’entrepreneuriat que doivent être abordées en priorité les questions environnementales.

En effet l’X se targue souvent de vouloir former ses étudiants aux grands défis de demain pour être à la pointe de l’innovation et contribuer à l’amélioration du monde. Des défis tels que le changement climatique et l’effondrement du vivant me semblent à la hauteur de ce qu’on peut attendre de l’Ecole polytechnique. C’est bien de disrupter avec l’IA et les big data, mais il faut d’abord habiter dans un monde vivable.

Pour être à la hauteur de cet enjeu, il est impératif que l’on soit formés et qu’on acquière des compétences pour appréhender des phénomènes et des systèmes aussi complexes. Il est tout de même incroyable qu’une école aussi généraliste que Polytechnique n’inclut aucun cours sur le développement durable dans son tronc commun, alors que, il faut le répéter, c’est le défi principal de notre temps.

Nous déplorons une mauvaise connaissance des ordres de grandeurs sur ces questions. Trop souvent, nous entendons que le développement durable se limite à bien trier ses déchets ou à éteindre la lumière en sortant d’une pièce. Quand on sait que l’envoi d’un email avec pièce jointe équivaut en terme d’émission de CO2 à une ampoule allumée pendant environ une heure, on se rend bien compte que cela ne suffira pas.

Nous avons aussi besoin de connaître l’impact réel sur l’environnement des secteurs dans lesquels nous allons étudier puis travailler : a-t-on conscience qu’en 2020, le secteur du numérique et ses data centers rejetteront autant de CO2 que l’aviation ou 3,5% des émissions mondiales? Ce graphique représente l’évolution de la consommation d’énergie dans le monde depuis 1860, en mTop. Les énergies renouvelables sont en rose sur le graphique. On voit bien que pour l’instant elles sont pour l’instant loin de remplacer les énergies fossiles, mais ne font que s’y ajouter. Tant que nous n’arrivons pas à stabiliser cette consommation, nous ne pouvons pas aller dans la bonne direction ; et pour rectifier le tir rapidement, il ne suffit pas de développer de nouvelles énergies, il faut aussi remettre en question dès maintenant notre désir de croissance infinie dans un monde fini, et arrêter d’avoir peur de réfléchir à un modèle économique plus sobre. Notre bien-être reposerait-t-il donc uniquement sur une consommation toujours plus excessive ?

Ces questions ne doivent pas seulement être reléguées aux ingénieurs et aux scientifiques en pensant qu’ils trouveront des solutions techniques. C’est un véritable enjeu sociétal sur lequel il faut aussi réfléchir d’un point de vue économique et politique. Ces perspectives doivent aussi être intégrées dans notre formation, avec des cours abordant par exemple les enjeux économiques de la transition ou de l’ESS.

Heureusement, l’Ecole Polytechnique semble vouloir évoluer sur ces questions, comme le démontre ce colloque. Selon nous, l’X a le devoir d’être une des premières grandes écoles françaises à le faire en se démarquant par sa compréhension de cet enjeu majeur du 21e siècle, pour rester en phase avec les défis de son temps, qui ne sont pas uniquement expansionnistes.

S’il est primordial que ces problématiques apparaissent dans l’enseignement qui nous est proposé, il est également nécessaire que ce changement de cap se constate dans la vie quotidienne sur le campus. On ne peut pas vouloir être en avance sur ces questions sans avoir une cohérence dans nos modes vie.

Nous avons un graphique qui représente les émissions de gaz à effet de serre d’une école telle que l’X. On voit que les déchets représentent une part minime des émission de CO2. Il faut évidemment trier ses déchets et bannir une consommation massive de plastique lors des gros évènements de la vie de l’École, cela implique d’autres pollutions que seulement les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, c’est une action qui est loin d’être suffisante.

Il est intéressant de voir que parmi les principales sources, se trouve les transports et notamment les trajets en avion. Ils sont comptabilisés quand il s’agit des voyages pour les stages mais aussi pour les voyages organisés par l’école. En fait, pour être sérieux sur les questions de changement climatique, il ne faut pas seulement faire un compost mais aussi remettre en cause nos modes de vie et notre confort, par exemple nos vacances à l’autre bout de la planète.

Parmi les autres sources d’émissions, la restauration (avec notamment la consommation massive de viande) et le chauffage pèsent énormément. Promouvoir une alimentation moins polluante au restaurant universitaire est un des leviers d’action évident. L’aménagement du campus peut également évoluer, tant sur la consommation énergétique des bâtiments que sur la place laissée à la biodiversité. Sur ces sujets, le changement a souvent été initié par les efforts des élèves. Nous sommes d’ailleurs de plus en plus nombreux à être mobilisés sur ces enjeux.

L’association développement durable à l’X dont nous sommes les représentants, a été créé il y a 3 ans par deux élèves. La promotion précédente comptait une dizaine membres, nous sommes maintenant plus d’une quarantaine d’étudiants à participer à ses actions.

Pour pallier le manque de connaissance flagrant de ces enjeux, nous, les étudiants, avons créé un cycle de 10 conférences, ingénieur de demain. Ce cycle est suivi par plus de 200 étudiants de notre promotion et nous permet d’être sensibilisés aux questions environnementales par des intervenants de qualité. L’assiduité à ces conférences y est plus importante qu’à certains cours : les étudiants ont peut-être compris que ce qu’ils y apprennent leur sera plus utile pour leur avenir.

De nombreuses autres initiatives étudiantes aboutissent à des alternatives concrètes de consommation dans la vie du campus : par exemple ELSE, une épicerie associative, propose à ses 600 membres actifs des produits pour une alimentation plus locale, solidaire et éthique. L’association Apicultix a établi 6 ruches sur le campus pour y ramener de la biodiversité. De plus en plus d’élèves profitent du Jardin Agricole et Botanique pour expérimenter des techniques de permaculture, ou simplement pour acheter des oeufs pondus sur le campus. La portée de ces initiatives est certes réduite, mais elles démontrent une motivation grandissante des étudiants, qui ne demandent qu’à avoir les clés pour pouvoir s’engager à plus grande échelle.

En effet, notre vision ne peut se limiter à notre campus. Plus de 600 polytechniciens ont signé le manifeste étudiant pour un réveil écologique. Ce texte a été écrit par des élèves de notre école avec des étudiants d’autres grandes écoles. En signant ce texte, nous exprimons notre frustration. Ce que nous ne pouvons accepter, c’est que malgré, d’une part, notre conscience aigüe de la crise écologique en cours, et d’autre part, notre très forte volonté de l’enrayer au plus vite, les structures existantes ne nous permettent pas de nous engager pleinement dans cette voie. C’est pourquoi nous nous disons prêts à questionner notre zone de confort pour que la société change et à choisir nos entreprises en fonction de leur projet écologique. Nous avons eu l’occasion de rencontrer beaucoup de dirigeants d’entreprises pour leur porter ce message mais nous constatons que ce sujet reste trop souvent traité à la marge et nous déplorons un manque d’ambition face à l’enjeu.

–      Nous voulons travailler pour des entreprises qui intègrent au coeur de leur stratégie les questions écologiques et qui sont prêtes à entamer la transformation profonde qui est nécessaire.

–      Nous voulons travailler pour des entreprises qui prennent en compte la finitude des ressources dans leur modèle de revenus, notamment en mettant en place des modèles crédibles de sobriété, j’ai bien dit sobriété, pas efficacité, et d’économie circulaire, et en refusant d’accélérer l’épuisement des ressources par des stratégies marketing agressives.

–      Nous voulons travailler pour des entreprises qui assument la responsabilité de leurs externalités négatives et prennent en compte leur impact sur la biodiversité

–      Nous voulons travailler pour des entreprises qui repensent la finalité de leurs produits et questionnent leur utilité.

–      Nous voulons travailler pour des entreprises qui mettent en place des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre planifiés et compatibles avec la trajectoire 2°C sans recourir à des technologies miracles dont le développement et le déploiement restent très incertains : face à l’enjeu, nous ne voulons pas jouer cet avenir sur un pari !

–      Nous ne travaillerons que dans des entreprises qui ont déjà initiés ces changements et sont prêtes à remettre en cause leur modèle de développement.

Nous, les étudiants et les jeunes engagés, nous sommes peut-être déterminés, mais nous ne pouvons pas seuls changer les modes de production et de consommation d’un pays entier. En effet, la prise en compte des enjeux du réchauffement climatique et de l’effondrement de la biodiversité est une responsabilité collective,les actions individuelles isolées n’ont qu’un impact négligeable sur l’élan collectif vers l’auto-destruction. De nombreuses décisions urgentes pour enrayer la crise écologique devront être prises avant que nous arrivions dans la vie active. On ne peut pas se permettre d’attendre que nous, jeunes engagés, nous soyons aux manettes pour entamer ce changement.

Pour résumer nos propos : nous ne nous considérons pas comme des utopistes mais comme des pragmatiques. Tout au contraire, l’utopie est du côté de ceux qui croient que le “business as usual” peut suivre son train calmement sur cette planète en plein bouleversement. Il est devenu très urgent de se mobiliser massivement pour un changement et ne pas laisser aux jeunes qui vont en hériter dans les années à venir un monde invivable. Nous ferons partie de cette mobilisation. Mais ce qu’on ne veut pas, c’est qu’en sortant de ce colloque, vous vous disiez : les X se mobilisent, le problème est réglé. Pour que cette mobilisation réussisse,il faut que vous aussi, enseignants, chercheurs, dirigeants, citoyens, vous vous engagiez avec nous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *