RIP Ignace de Semmerweis, mort d’avoir eu raison …trop tôt

Nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang,

mais contre les dominations,

contre les autorités,

contre les princes de ce monde de ténèbres,

contre les esprits méchants dans les lieux célestes.

Ephésiens 6:10-20

Saviez vous qu’avant Pasteur, la contamination microbienne était inconnue et les médecins  passaient  de la dissection des cadavres à la salle d’accouchement, sans se laver les mains, entraînant un fort taux de mortalité…et cela était  accepté comme une simple fatalité (comme ajd les maladies dites chroniques comme le cancer, diabete et maladies  cardio vasculaires !)

Son nom ne vous dit sans doute rien et pourtant c’est grâce à lui que nous avons aujourd’hui le réflexe de nous laver les mains …. en 1847, le médecin autrichien Ignace Semmelweis affirme que se laver les mains pourrait grandement réduire le taux de mortalité. Mais critiqué et moqué par ses pairs, il fut mis à la porte de son service d’obstétrique et finis par devenir fou et se suicider….

Le rejet de ses recommandations, pourtant évidentes aujourd’hui, s’explique par la difficulté de ses confrères de l’époque à reconnaître leur culpabilité pour tous les patients morts de ne pas avoir pris cette simple précaution.

A ce propos regardez vraiment ce doc passionnant  https://onpassealacte.fr/films-vod-nausicart.html

Car si aujourd’hui il paraît naturel de se laver les mains pour se débarrasser des microbes et autres bactéries, il n’en a pas toujours été le cas.

En 1847, alors jeune médecin, Ignace Semmelweis s’est intéressé au taux de mortalité anormalement élevé dans la maternité de l’hôpital de Vienne dans lequel il officiait. L’histoire est très intéressante car cette maternité est partagée en deux parties : une où travaillent des étudiants et une autre où ne travaillent que des sages-femmes.

Alors que ces dernières ne pratiquent que des accouchements, les étudiants eux alternent entre accouchements et dissections de cadavre. Vous avez compris où on voulait en venir : les étudiants ne se lavant pas les mains après avoir disséqué un cadavre, 1 femme sur 5 qu’ils prenaient en charge mourrait en couche, contre 1 femme sur 30 quand elles étaient prises en charge par les sages-femmes.

Ignace Semmelweis a donc étudié la question et quelques mois plus tard il propose le lavage des mains à l’eau chlorée aux étudiants, entre la salle d’autopsie et la salle d’accouchement. Un petit geste qui a permis immédiatement de réduire le taux de mortalité par 10. L’histoire ne retient pas qu’il a finit dans la folie car décrié par les pontes de sa profession…

Toute ressemblance avec la situation actuelle ne serait bien sur que fortuite 😉 https://www.rtl.fr/actu/bien-etre/cancer-un-enfant-sur-deux-qui-nait-sera-touche-dit-le-president-de-la-ligue-sur-rtl-7800023891

J’en profite pour vous copier coller un texte de Thomas Busuttil qui fait particulierement…sens

Avec tout le respect que je dois à notre Président de la République (et beaucoup moins à ses grands communicants qui lui ont écrit son discours du 16 mars dernier), le fait d’avoir répété 7 fois en 15 minutes « Nous sommes en guerre » me semble être une double hérésie, pour ne pas dire plus.

La première hérésie est que la pandémie que nous vivons est très clairement liée à nos comportements. Ils ont entrainé une anthropo-zoonose, autrement dit la transmission d’une maladie ou d’un virus de l’animal à l’homme.

Par cupidité, par goût de l’exotisme, par tradition culturelle fondée sur des croyances infondées, nous avons et nous continuons à ruiner notre biodiversité. Déforestation massive (l’équivalent de la France disparaît tous les 5 ans) et destruction des zones humides (plus de 85% depuis l’ère industrielle), nous mettent en contact avec des animaux jusque-là confinés (!!) dans leur habitat (donc comme on le sait maintenant inoffensifs…).

La mondialisation des échanges absurdes, où un jean fait 60 000 kilomètres pour être produit, a également permis à des virus comme zika de migrer d’Asie pour s’inviter chez nous. C’est bien notre comportement prédateur qui est à l’origine de plus de 2/3 des maladies émergentes : le COVID 19 avec le pangolin, le SRAS avec la chauve-souris ou encore Ebola avec la « viande de brousse ». Nous n’avons pas à être en guerre contre une nature, fusse-t-elle composée de virus, qui ne nous a rien demandée et qui n’a en aucun cas eu une attitude belliqueuse vis-à-vis de nous… mais que nous avons bel et bien provoquée.

La seconde hérésie, de mon point de vue beaucoup plus grave, est cette « posture » guerrière prise par la quasi-totalité de nos dirigeants.

Elle démontre la profondeur de leur incompréhension sur la nécessité absolue de sortir de cette volonté de domination de la nature, dans une vision prédatrice et utilitariste qui prévaut depuis le 19ème siècle.

S’il y a une guerre à mener, passez-moi l’expression, c’est bien celle contre notre propre stupidité. Autrement dit, notre incapacité à comprendre :

  • Que sur notre (encore) belle petite planète, nous sommes tous liés et dépendants, que ce soit entre les Hommes mais aussi et surtout entre l’Homme et la nature.
  • Que toutes les recherches récentes en biologie nous montrent aussi bien l’intelligence émotionnelle des plantes que leur étonnante capacité de résilience (un mot devenu très à la mode ces derniers temps…).
  • Que ces mêmes recherches montrent également à quel point les déséquilibres que nous produisons, en cassant des cycles naturels, des chaines d’interactions entre animaux, végétaux, … entrainent des effets en cascade dont nous ne voyons que le haut de l’iceberg.
  • Qu’il nous faut sortir de cette civilisation dominante du « sur » (la surpêche, le surtourisme, la surexploitation de l’homme comme des forêts, la surconsommation…) pour passer à une posture faite autant de respect pour les autres comme pour la nature. Nous avons besoin de curiosité et de créativité pour comprendre puis trouver les solutions d’une vie féconde et apaisée, en bonne intelligence avec notre environnement écologique et social. Une posture où la connaissance de nos besoins réels (pas ceux qui nous sont imposées par les réseaux sociaux) doit nous permettre de migrer vers une consommation « rassasiante » qui permet à chacun de s’épanouir sans privation.

S’il y a un exemple dont nous pouvons nous inspirer, c’est celui de l’écosystème d’une forêt : une forêt est 100% circulaire : elle ne produit aucun déchet (quand il n’y a pas d’homme qui s’y promène…). Elle est également 100% fonctionnelle : chaque espèce a une fonction et une utilité (y compris les serpents et les araignées…). Elle est 100% collaborative : même si les espèces se mangent entre elles (par nécessité, pas par cruauté…), elles passent leur temps à collaborer pour se nourrir, s’hydrater, se (co)développer. Enfin, elle est 100% inclusive : aucune espèce n’est abandonnée au bord de la route (ou dans nos couloirs de métro…).

Pour aller plus loin sur ces sujets, deux articles éclairants :

  1. Zoonoses : que nous apprend le Covid-19 sur l’état de la biodiversité ?
  2. La révolution en cours de la biologie végétale bouleverse notre conception du vivant

https://www.linkedin.com/pulse/pourquoi-dire-que-nous-sommes-en-guerre-est-une-double-busuttil?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_detail_base%3B0kmCVlo%2FSda7uMFTVnl3aA%3D%3D&licu=urn%3Ali%3Acontrol%3Ad_flagship3_detail_base-article_description

2 do list Covid : http://elyx.net/corona1

 

One thought on “RIP Ignace de Semmerweis, mort d’avoir eu raison …trop tôt

  1. Comme je suis déçu d’entendre de la bouche de notre Président manipuler le sentiment de peur par ce « nous sommes en guerre ». C’est tellement faux et il le sait.
    C’est tellement absurde aux oreilles de nos parents et grands-parents.
    A mes oreilles, cela à dévalué la force de ses autres propos pourtant très mesurés et rassembleurs.

    C’est vrai, je suis apolitique mais respectueux de la politique quand elle ne cède rien aux extrêmes, et je lui pardonnais en me disant qu’il s’était laissé convaincre par son équipe de communicants cédant à la facilité stérile, paralysante d’agiter des images chocs mais inappropriées.

    Je pense qu’il aurait été beaucoup plus pertinent de conclure sur l’humilité face à une crise sanitaire dont nous sommes responsables et qu’il est absurde et lâche de confondre cette crise sanitaire avec une crise conflictuelle.

    L’appel du 16 mars à la réflexion de chacun sur « un lendemain qui ne sera plus jamais comme hier » est autrement mieux inspiré.
    Puisse l’histoire ne retenir que ceci du 16 mars 2020 en France.

    Humblement, depuis le signal de l’Australie en feu, celui des hommes qui exterminent un milliard d’animaux, dans l’élaboration du squelette d’une modélisation vertueuse, algorithmique mais surtout économique, éthique, sociale, inclusive et philosophique, ainsi que dans la cooptation d’un noyau d’intelligences humaines diverses et collaboratives pour le faire se déployer.

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