5 + 6 questions fondamentales…pour l’après et l’avant (ft B. Latour & P. Rabhi)

Le seul moyen d’affronter un monde sans liberté est de devenir si absolument libre

qu’on fasse de sa propre existence un acte de révolte.

Albert Camus

D’abord les 5 questions du « monde d’avant » (publiés dans mon blog en juin 2016 !)…qui demeurent des questions éternelles / intemporelles brillamment énoncées par Pierre Rabhi (maximum respect) :

I – Comment se fait-il que l’humanité, en dépit de ressources planétaires suffisantes et de ses prouesses technologiques sans précédent, ne parvienne pas à faire en sorte que chaque être humain puisse se nourrir, se vêtir, s’abriter, se soigner et développer les potentialités nécessaires à son accomplissement ?

II – Comment se fait-il que la moitié du genre humain, constituée par le monde féminin, soit toujours subordonnée à l’arbitraire d’un masculin outrancier et violent ?

III – Comment se fait-il que le monde animal, à savoir les créatures compagnes de notre destin et auxquelles nous devons même notre propre survie à travers l’histoire, soit ravalé dans notre société d’hyperconsomation à des masses ou à des fabriques de protéines ?

IV – Comment les mammifères bipèdes auxquels j’appartiens ont-ils pu se croire le droit d’exercer d’innombrables exactions sur le monde animal, domestique ou sauvage ?

V – Comment se fait-il que nous n’ayons pas pris conscience de la valeur inestimable de notre petite planète, seule oasis de vie au sein d’un désert sidéral infini, et que nous ne cessions de la piller, de la polluer, de la détruire aveuglément au lieu d’en prendre soin et d’y construire la paix et la concorde entre les peuples ?

Ces questions qui demeurent à ce jour sans réponse mettent en évidence la faillite de notre conscience et l’obscurantisme dans lequel nous évoluons en dépit de nos connaissances.

Nous restons enlisés dans un profond et immense malentendu. Et je me demande si nous ne confondons pas nos aptitudes, qui nous permettent tant de performances pour le meilleur et pour le pire, avec l’intelligence qui devrait éclairer nos actes et nous aider à construire un monde différent…

Ces constats obligent à se demander si l’humanité est encore en mesure d’orienter son destin vers l’indispensable humanisation, à savoir la construction du monde avec ce qu’elle a de meilleur pour éviter le désastre du pire. 

Cette question se pose à la conscience de chacun d’entre nous.

Et en dehors des grandes décisions politiques que les États doivent prendre et pour lesquelles nous devons militer, il nous appartient également à titre individuel de faire tout ce que nous pouvons dans notre sphère privée et intime…

Ecoutez une autre voix de sagesse 😉

5 questions fondamentales …que personne ne se pose (sauf un certain Pierre R. 😉

Les 6 questions concrètes à se poser pour réfléchir au monde d’après selon le philosophe Bruno Latour ( https://medium.com/@joellea91/bruno-latour-face-%C3%A0-la-crise-%C3%A9cologique-nous-avons-fait-exactement-ce-quil-ne-faut-pas-faire-893091864197  :

«Face à la crise écologique, nous avons fait exactement ce qu’il ne faut pas faire»

Afin de préparer le monde de l’après Covid-19, de réfléchir à quelles modèles de sociétés nous voulons pour au sortir du confinement et quelles sont nos attentes tant individuelles que collectives, il convient de se poser les bonnes questions. Le philosophe français Bruno Latour propose un outil de discernement sous la forme de 6 question concrètes à se poser. Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Qu’est ce qui est désirable ? souhaitable ? À quoi devons nous renoncer ? Est-ce légitime ? Nous vous proposons de prendre un peu de temps afin de lire ces 6 questions puis de mieux envisager notre avenir. Bref, voici un petit moment d’introspection et e discernement face à nos contradictions. Tout le monde peut s’approprier ce questionnaire car sans les bonnes questions, il sera difficile d’avancer et de remettre en cause les choses.

Un outil pour aider au discernement (proposé dans un article paru dans AOC Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise)

Comme il est toujours bon de lier un argument à des exercices pratiques, proposons aux lecteurs d’essayer de répondre à ce petit inventaire. Il sera d’autant plus utile qu’il portera sur une expérience personnelle directement vécue. Il ne s’agit pas seulement d’exprimer une opinion qui vous viendrait à l’esprit, mais de décrire une situation et peut-être de la prolonger par une petite enquête. C’est seulement par la suite, si vous vous donnez les moyens de combiner les réponses pour composer le paysage créé par la superposition des descriptions, que vous déboucherez sur une expression politique incarnée et concrète— mais pas avant. Attention : ceci n’est pas un questionnaire, il ne s’agit pas d’un sondage. C’est une aide à l’auto-description.

Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celles-ci reprennent à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprennent pas du tout.

Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?

Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/superflue/dangereuse/incohérente ; b) en quoi sa disparition/mise en veilleuse/substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)

Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/employés/agents/entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?

Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?

Question 5 : Décrivez a)pourquoi cette activité vous apparaît positive; b) comment elle rend plus faciles/harmonieuses/cohérentes d’autres activités que vous favorisez; etc.) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4)

Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/employés/agents/entrepreneurs à acquérir les capacités/moyens/revenus/instruments permettant la reprise/le développement/la création de cette activité ? (Trouvez ensuite un moyen pour comparer votre description avec celle d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de lignes de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions.)

One thought on “5 + 6 questions fondamentales…pour l’après et l’avant (ft B. Latour & P. Rabhi)

  1. Heureuse initiative que d’inviter les gens à se poser ces bonnes questions. Mais il faut aussi exiger la tenue d’un « Grenelle du pouvoir de vivre » … Il faut que des centaines de personnalités, syndicalistes, chercheurs, économistes, anthropologues, écrivains, sociologues, philosophes, artistes, urgentistes, … se rassemblent dans un « Conseil National de la Transition » ! http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article1492

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