Je peux arrêter d’acheter…ou alors, ensemble, empêchons les de… vendre ?!

« L’espèce humaine tue consciemment,

volontaire-ment, chaque minute dans le monde,

plus de 2 millions d’animaux.

Autrement dit, elle massacre en une semaine

50 fois plus d’animaux que l’ensemble des victimes

humaines de toutes les guerres de l’histoire

…de l’humanité. »

Jean Marc Gancille

Je sais, certains d’entre vous vont considérer que cela est déraisonnable voire irresponsable… réfléchissez bien avant …à un moment donné, on ne peut plus se contenter du classique « Indignation, colère /protestation / pétition / manifestation »

« Je tiens une idée : inventer des gestes simples et peu risqués qui empêcheraient leurs 4×4 de rouler, leurs pubs de s’afficher, des gestes qui dégraderaient suffisamment l’emballage de leurs produits pour qu’ils ne puissent plus les vendre. Un geste aussi discret et rapide que celui de déboucher un bouchon, de mettre un coup de feutre sur la date de péremption, d’utiliser leur « ouverture facile – tirez ici » en zappant l’étape de l’achat. »

« Un petit geste pour la planète qui, s’il était reproduit par des centaines de milliers de personnes en même temps, partout, en ciblant un produit ou une marque en particulier, auraient un impact financier tel que nous ferions plier la multinationale qui le fabrique. Ou a minima, lui faire perdre des plumes. »

Sur sa chaîne Youtube, La Ronce a publié une première vidéo ce jeudi 8 octobre. Elle y présente 5 gestes pour devenir « une épine dans le pied des multinationales qui détruisent le Vivant. »

« Dans cette vidéo, nous dégonflons les pneus des SUV de riches citadins, nous empêchons la vente des produits de monsanto, débouchons les bouteilles de coca-cola, rendons illisible le QR code des trottinettes éléctriques, et rendons impossible le paiement par carte des stations Total, des petits gestes pour la planète que tu peux reproduire, dès aujourd’hui, seul ou avec un ami.e. »

Une première opération collective est prévue pour le 14 octobre prochain.

« Nous publierons une vidéo te proposant d’agir le jour même pour ne pas leur laisser le temps de s’organiser. »

Partager c’est sympa a, de son côté, publié une vidéo consacrée à l’émergence de ce nouveau collectif.

Une première opération collective est prévue pour le 14 octobre prochain.

« Nous publierons une vidéo te proposant d’agir le jour même pour ne pas leur laisser le temps de s’organiser. »

La Ronce :

« Nous ne porterons jamais atteinte à l’intégrité physique des personnes, mais les biens matériels, eux, n’ont pas de sentiments. Nous refusons d’appeler leur dégradation du gaspillage, quand on sait la dégradation que leur production ou leur utilisation provoque sur le vivant. On ne gaspille pas une arme quand on la détruit. »

« Une épine seule ne changera jamais la face du monde, mais plusieurs épines dans leur pied peuvent les ralentir, et un buisson de ronce leur fera rebrousser chemin. »

Plus l’immobilité politique sera la règle, plus ce type d’activisme fera d’adeptes. Parce que le temps presse et que l’enjeu est grand. Une philosophie et des méthodes qui ne plairont sûrement pas à tout le monde mais qui ont au moins le mérite de mettre les pieds dans le plat.

SINON, il vous « reste » Ext Reb : https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/longs-formats-desobeir-sauver-planete-1882208.html

Désobéir …pour sauver la planète!?

Blocage de ponts, occupation de lieux, déversement de faux sang, les activistes d’Extinction Rebellion veulent forcer les gouvernements à déclarer un état d’urgence climatique et sauver la planète par des actions de désobéissance non violentes. Pendant plusieurs mois, nous avons pu enquêter sur leurs méthodes et découvrir qui sont ces nouveaux militants prêts à entrer dans l’illégalité pour changer le climat. 

Dans les pas de Martin Luther King, Ghandi, Mandela

« Si on ne fait rien, après 2050, on aura jusqu’à 55 degrés en France et ce sera la mort pour des millions de personnes par hyperthermie », s’alarme Eric, activiste chez Extinction Rebellion. « On tourne dans un film catastrophe au ralenti en fait mais les conséquences nous frappent déjà, les inondations, les incendies en Australie, en Californie, les sécheresses en Inde… « . Ce scénario effroyable, ce militant de 50 ans espère encore pouvoir le réécrire avec des actions de sensibilisation comme celle qu’il réalise ce matin de février devant le château de Versailles. Avec plusieurs dizaines de militants du mouvement Extinction Rebellion, il mime l’extinction de notre espèce en s’allongeant au sol. Ensemble, ils forment le logo du mouvement, un sablier au centre d’un cercle indiquant l’urgence à agir.

Ces actions très symboliques et toujours non-violentes, c’est l’un des principes de ce jeune mouvement lancé à Londres à l’automne 2018 et arrivé quelques semaines plus tard en France. « On s’inscrit dans les pas de Martin Luther King, Ghandi, Mandela pour obtenir un changement par le conflit non violent », soutient Eric. « Il y a deux choses que le pouvoir ne sait pas gérér, c’est la non-violence et l’humour », poursuit-il.
 

Avant, je travaillais sur un moteur très polluant dans l’automobile et je pensais que la technologie pouvait encore nous sauver. Eric militant d’Extinction Rebellion

https://www.youtube.com/watch?v=hqK5p7dygVQ

Ancien ingénieur dans l’automobile, Eric n’avait pas vraiment le profil de l’activiste engagé. « Avant, je travaillais sur un moteur très polluant dans l’automobile et je pensais que la technologie pouvait encore nous sauver, et j’ai eu un déclic lors de la Marche du siècle le 16 mars 2019 lorsqu’un marcheur m’a parlé de l’effondrement des populations d’insectes. Ca m’a donné une grande claque », se souvient-il.

Une prise de conscience qui l’empêche de dormir pendant plusieurs jours jusqu’à ce qu’il entende parler d’Extinction Rebellion. « J’ai rejoint XR en mars 2019 au moment de la déclaration de rébellion en France ». Tout de suite emballé, il s’investit rapidement et change aussi radicalement de vie. « J’ai quitté mon emploi et j’ai vendu mon appartement à Boulogne-Billancourt pour un plus petit à Montreuil, pour ne plus avoir de prêt », raconte-il. Plus de viande, plus d’avion mais encore un peu de chocolat et de café, « il faudrait arrêter », concède t-il avec un sourire un peu coupable. Un changement radical pas toujours facile à vivre mais qu’il ne regrette pas. « Je suis beaucoup plus heureux dans ma nouvelle vie, elle a du sens », assure t-il.
 

A l’école de la désobéissance civile

« J’ai déjà été délogé par les flics quatre fois, ce qui fait de moi un vétéran », raconte l’ingénieur à de nouveaux militants venus se former aux techniques de désobéissance civile. Car à Extinction Rebellion, désobeir, ça s’apprend ! 
Leçon du jour, comment ne pas être délogé par la police. Soulevé par les pieds et les mains, Eric commente l’exercice. « Alors là, je suis raide et c’est facile puis je fais le poids mort ». Grimace instantanée de ses porteurs qui lâchent rapidement Eric et ses 90 kilos. « Là, on peut plus du tout le soulever, il est trop lourd pour nous ! », s’esclaffe l’un d’eux.

Parmi les futurs désobéissants venus se former, il y a Amaury, 20 ans. Etudiant en BTS d’éducateur spécialisé, c’est la première fois qu’il s’engage dans un mouvement. Adepte au quotidien des gestes écolo, il voudrait faire plus avec des actions de désobéissance civile. « Je considère que dénoncer de la violence par de la violence ça n’a aucun intérêt. Je ne veux pas d’une révolution où on casse tout mais que ça vienne des gens, qu’il y ait un consensus», assure-t-il.
 

« On a fait les marches, on a fait nos pétitions, et en fait rien ne change » Mangoa, militante d’Extinction Rebellion

 Amaury n’a jamais fait de marches ou de manifs. Le mouvement compte d’ailleurs une bonne partie de primo militants qui n’ont jamais milité dans un parti ou adhéré à une association. Beaucoup sont convaincus que cette forme de contestation n’est pas efficace. « On a fait les marches, on a fait nos pétitions, et en fait rien ne change », se désole Mangoa ( son pseudo dans le mouvement). Biologiste de 30 ans, elle a rejoint XR en février 2019. « Ca faisait des années que je faisais ce qu’on appelle les petits gestes du quotidien, adhérer à une Amap, acheter des objets de seconde main, et je me suis rendue compte que ce n’était pas suffisant. Un soir, j’ai regardé les Suffragettes. Ce film m’a marqué parce que les femmes étaient moquées parce qu’elles demandaient le droit de vote  et c’est un peu le même effet que je ressens quand je parle d’écologie, alors que c’est une évidence ! J’ai lu un article sur Extinction Rebellion, et ça a tellement résonné en moi ! », raconte la jeune femme
 

Quatre revendications

Depuis qu’elle a rejoint Extinction Rebellion, Mangoa a participé à quelques actions. Lorsque nous la retrouvons un matin de février dans un hangar de la région parisienne, elle est en pleine préparation de banderoles. Avec Leah, architecte et activiste, elle coordonne une grande action nationale ciblant l’industrie du BTP. « L’industrie de la construction est très polluante. Bout à bout, c’est 20% des émissions de gaz à effet de serre », dénonce-t-elle.
Ces actions sont l’occasion de mettre en lumière les 4 revendications du mouvement. « Notre première revendication avec XR, c’est de dire la vérité. Les gens ne sont pas conscients de l’urgence écologique dans laquelle on est. La 2e  c’est la neutralité carbone dès 2025. La 3e c’est l’arrêt immédiat de la destruction de la biodiversité et la 4e c’est la mise en place d’assemblées citoyennes décisionnaires. », explique Mangoa.

© L.S
© L.S

 

Des actions organisées dans le plus grand secret

A la veille de l’action, Mangoa et Leah réunissent les participants. Plusieurs centaines de militants sont venus de toute la France pour y participer. Tous doivent télécharger une application de messagerie cryptée. « Ce soir vous allez recevoir un message avec une heure et un lieu de rendez-vous. », annonce Leah. Mais le lieu de l’action lui est toujours tenu secret. «Vous allez vous vous dirigez à un point d’attente, vous attendrez un signal de votre référent et là vous partirez en marche. »  Des précautions nécessaires pour la réussite du projet. « On a eu  plusieurs actions qui n’ont pas pu se faire dernièrement notamment à cause de fuites, c’est un peu le stress », confie Leah.  

C’est aussi le stress aussi pour Amaury. L’étudiant vient tout juste de rejoindre Extinction Rebellion et s’inquiète face aux risques juridiques annoncés, de un à trois d’emprisonnement encourus. «Au-delà d’être inquiet par rapport à ce qui va se passer demain. Je suis inquiet, je me pose d’autres questions sur la société dans laquelle on vit. Pour protéger la planète sur laquelle on vit, on risque des choses et je me dis mais où on va ! », s’alarme l’étudiant. Des peines à relativiser car les militants d’XR ont pour l’instant rarement été poursuivis.
 

Séduire le plus grand nombre

Le lendemain, au petit matin, les militants découvrent le lieu de l’action : deux sites d’approvisionnement des cimentiers Lafarge et Cemex, sur les bords de Seine dans le XVe arrondissement.
Rapidement, le site grisâtre se colore sous les jets de peinture rose, jaune et bleu et des banderoles. Les bétonnières sont repeintes aussi devant des ouvriers un peu perplexes.
« On a voulu qu’il y ait une charte graphique coloré. Faire des visuels jolis, c’est aussi une façon de véhiculer la non-violence et donner envie aux gens de nous rejoindre », explique Mangoa.  

Une organisation horizontale

L’organisation n’a pas de chef mais pour les actions chacun a un rôle déterminé à l’avance. Il y a notamment les bloqueurs, en première ligne, ils empêchent les camions de sortir… « On se bloque le bras dans le bloc de béton pour qu’on puisse pas nous déloger ou alors si on veut nous déloger il faut nous casser le bras ! », s’exclame l’un d’eux allongé au sol.

Des militants attachent leur bras à un bloc de béton pour éviter d'être délogés par la police. / © L.S
Des militants attachent leur bras à un bloc de béton pour éviter d’être délogés par la police. / © L.S

Pour cette action, les forces de l’ordre arrivent rapidement mais elles repartent avant même le départ des militants, les saluant même de la main. Une attitude en décalage avec celle adoptée lors du blocage du pont de Sully, le 28 juin 2019, l’une des premières actions d’Extinction rebellion, qui avait été violemment réprimée.  Depuis, les forces de l’ordre semblent vouloir éviter l’affrontement avec ces militants pacifistes.
 

Quelle efficacité ?

Depuis sa création officielle en mars 2019, Extinction rebellion France a multiplié les actions directes. Irruption sur une piste d’Orly, occupation d’un centre commercial, banderoles déployées sur les grilles du ministère de l’Intérieur, ces actions très médiatiques ont- elles réellement eu un impact ?

Une trentaine d'activistes ont arrêté un vol en partance vers la Corse à 10h ce vendredi matin. / © DR
Une trentaine d’activistes ont arrêté un vol en partance vers la Corse à 10h ce vendredi matin. / © DR

Amaury se pose des questions à ce sujet. Sept mois après sa participation à l’action contre le BTP, il a peu laissé de côté le mouvement. Très pris par ses études, il hésite encore à reprendre le combat ou à s’investir dans le social, plus gratifiant. « Fin de chantiers, on sait que cela a eu un impact une journée, deux journées mais on sait aussi que cette action qui nous aura pris beaucoups de temps, d’énergie, elle n’a pas d’impact parce que derrière, ils vont continuer à faire leur industrie du bâtiment, à aller casser les écosystèmes dans les océans pour récuperer du sable. C’est désepérant. », déplore t-il.

Pour Eric, l’efficacité passera aussi par l’ouverture à d’autres milieux sociaux. « C’est un problème à XR, l’homogénéité des militants. On est beaucoup de Blancs, plutôt diplômés mais on essaye de se diversifier», analyse-t-il.  

« quand l’espoir meurt, l’action commence. »

« Il y a un slogan qui vient  d’XR UK qui est : quand l’espoir meurt l’action commence », raconte Mangoa. « Je trouve que la situation est tellement catastrophique, tellement angoissante qu’on ne peut pas ne pas agir ! », argumente t-elle. Et même si le chemin est plus long que prévu, ils sont déterminés à ne pas être des Cassandre et à se faire entendre sur l’urgence climatique.

One thought on “Je peux arrêter d’acheter…ou alors, ensemble, empêchons les de… vendre ?!

  1. Merci pour votre article et votre engagement ! En lien, plasticienne j’ai réalisé une nouvelle série sur le thème des abeilles. Cette série aux crayons de couleur la mortalité des abeilles par la pollution des substances chimiques et les pesticides utilisés dans l’agriculture. A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/vous-etes-ici.html
    Mais aussi, en lien direct, une réflexion sur l’utilisation des produits phytosanitaires : https://1011-art.blogspot.com/p/hommage-magritte.htm

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