83 % des patients atteints de Covid-19 hospitalisés en réanimation sont…

« Ce que tu penses, tu le deviens.

Ce que tu ressens, tu l’attires.

Ce que tu imagines, tu le crées. »

Paroles de Bouddha

83 % des patients atteints de Covid-19 hospitalisés en réanimation sont … en surpoids ou obèses . Trop souvent,  le développement et la gravité de la maladie sont marqués par des inégalités sociales. Ce constat ne surprend pas les médecins, ils savent que les personnes obèses ont 6 fois plus de risques de développer par exemple un diabète de type 2 et que ces problématiques touchent plus fréquemment les personnes issues de milieux défavorisés. Ils savent aussi que 40% des adultes obèses l’étaient déjà à l’adolescence et qu’un enfant obèse, à 10 ans, a 80% de risque de l’être encore à l’âge adulte !

Sait-on en revanche qu’un enfant d’ouvriers a aujourd’hui 4 fois plus de risque d’être obèse qu’un enfant de cadres ? Et même si on parle de stabilité de la progression du surpoids et de l’obésité chez l’enfant, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt des inégalités. La prévalence du surpoids et de l’obésité continue de progresser chez les enfants d’ouvriers, avec une hausse de 8% entre 2009 et 2017, et un différentiel de 10 points versus les enfants de cadres chez qui l’obésité et le surpoids stagnent, voire régressent. Au niveau mondial la situation est encore plus dramatique : selon des chiffres de l’OMS, 6,7% des enfants sont obèses, le nombre des enfants et des adolescents obèses ayant été multiplié par 10 au cours des 4 dernières décennies.

Allons-nous continuer à ne rien faire face à la catastrophe que ces chiffres nous prédisent à terme ? Allons-nous continuer d’orienter nos systèmes de santé sur le curatif alors que favoriser une vie en meilleure forme pour tous, grâce à la prévention, est reconnu comme un élément déterminant de la résistance à bon nombre de maladies, chroniques ou virales ?

Aussi, dans le cadre de la journée internationale des droits de l’enfant, le vendredi 20 novembre 2020, nous lançons un cri d’alarme : stop aux inégalités de santé dès l’enfance, qui sont évitables car liées à des modes de vie favorisant le surpoids, l’obésité et la sédentarité. Stop au manque d’ambition en prévention santé.

Face à une situation d’urgence, nous devons mettre fin à un immobilisme aux conséquences prévisibles à moyen ou long terme. Et ce d’autant plus que l’on a démontré que l’on peut agir efficacement auprès des enfants pour favoriser l’acquisition de bonnes pratiques alimentaires, d’activité physique ou de sommeil et ainsi prévenir le surpoids et l’obésité infantile.

Donc il s’agit de jouer sur :

  • une alimentation équilibrée, diversifiée, abordable et conviviale au niveau familial,
  • la pratique d’activités physiques régulières pour tous, intégrées dans le quotidien,
  • le sommeil et le bien-être,
  • un environnement local stimulant l’intégration des bonnes pratiques.

Pourtant il existe des actions préventives :

  • Les 1000 premiers jours. La science a confirmé l’importance cruciale des 1 000 premiers jours pour le développement de l’enfant, en établissant des corrélations entre les affections néonatales et postnatales, et le risque pour l’enfant de développer une maladie chronique à l’âge adulte. Parce que c’est pendant ces 1 000 jours que se créent les inégalités en santé, Adrien Taquet, Secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, a annoncé le 9 octobre dernier des mesures d’accompagnements. Au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant et du droit de chacun à avoir les mêmes chances dans la vie, ces mesures visent à créer un parcours individualisé afin de lutter contre les différentes inégalités au moment où elles se forment, sans attendre qu’elles s’accroissent.
  • Le programme « Fruits et légumes à l’école » . Porté par Agrimer, l’Union Européenne et le ministère de l’agriculture et de l’alimentation, ce programme vise à une consommation plus régulière de ces produits par leur meilleure connaissance et par l’éveil au goût. Il s’agit ainsi de conduire à l’adoption par les élèves des comportements alimentaires plus sains, davantage en phase avec les recommandations de santé publique du Programme national nutrition-santé (PNNS). Depuis la rentrée 2020/2021, ces produits peuvent être désormais distribués lors du goûter et non plus seulement le matin ou à midi.

Enfin, n’oublions surtout pas que chaque année, le surpoids provoque le décès d’environ 4.7 millions de personnes dans le monde. Deux fois plus que la Covid-19 en 2020. Une autre urgence sanitaire, moins visible, qui mérite peut-être plus d’attention…

 

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