Boooo…pourquoi le terme Décroissance fait il si peur ?!

Un jour, on est las de parler de « décroissance » et d’amour de la nature.

L’envie nous prend d’aligner nos actes et nos idées.

Il est temps de quitter la ville et de tirer sur les discours le rideau des forêts.

Sylvain Tesson

Comme l’explique factuellement Jean-Marc Jancovici, dire « je ne veux pas la décroissance n’a plus de sens … C’est comme de dire « je ne veux pas la pluie » quand l’orage est sur nos têtes.

Or ce sujet est un sujet politique. On va en souper pendant l’année à venir : tous les candidats vont se positionner sur ce sujet « pivot », et donc tous les polémistes, tous les plateaux TV… 

Pour l’instant, force est de constater que les discours « contre la décroissance » sont dans la démagogie totale.

Ce qui serait constructif en revanche c’est que ces politiques et leurs équipes se penchent sérieusement sur les faits scientifiques. Qu’ils se forment, s’ils ont l’humilité de le faire (ne pas négliger ce frein…) et qu’ils explicitent le projet de société qu’ils vont défendre.

Prenons donc 10 mn pour  aller … à l’encontre de nos croyances (texte original de https://bonpote.com/decroissance-et-prejuges/ )

Une petite def pour bien cadrer le sujet : «La décroissance est une réduction planifiée de l’utilisation de l’énergie et des ressources visant à rétablir l’équilibre entre l’économie et le monde du vivant, de manière à réduire les inégalités et à améliorer le bien-être de l’Homme». Ainsi formulée, la décroissance n’est pas qu’un phénomène subi et brutal, et ne s’apparente pas à une récession semblable à celle observée durant la crise du Covid. Elle relève de la planification écologique de long terme visant à identifier les secteurs d’activité pour lesquels une diminution de production est nécessaire, et donc pour lesquels les actifs devront être accompagnés pour faire évoluer leur métier. En cela, elle apparait comme une transformation profonde de notre appareil productif. Un cadre conceptuel qui pose en creux la question centrale des indicateurs de suivi de l’activité économique. »

Voilà un an que j’ai commencé à travailler sur la décroissance et le moins que je puisse dire c’est que je ne connais pas un terme plus galvaudé que celui-ci. Chaque fois que j’évoque le sujet, les mêmes critiques refont surface :

‘ Ah ouais on a bien vu à quoi ça ressemblait la décroissance en 2020’
‘ Tu veux être confiné toute l’année c’est ça ?’
‘ Super ton projet de société, tout le monde à la lampe à l’huile comme les Amish !’

Si vous pensiez que les choses avaient changé en 2021, que les français.es allaient s’exprimer sur un sujet en ayant fait des recherches avant et avoir une honnêteté intellectuelle à toute épreuve, j’ai une mauvaise nouvelle :

Source : https://twitter.com/Tommyx39/status/1350432875791921156?s=20

Si ce n’était qu’un cas isolé, nous pourrions passer outre. Le problème, c’est que des personnalités très influentes ont exactement le même discours, et sont entendues par des milliers (voire des millions) de personnes. Je fais bien sûr référence à E. Macron qui déclarait devant les membres de la Convention Citoyenne pour le Climat ‘le choix de décroissance n’est pas une réponse au défi climatique‘, à F. Lenglet qui la compare à ‘l’économie du confinement‘ ou encore à Luc Ferry qui (dans une de ses 150 tribunes dans le Figaro) essaye de nous vendre sa croissance infinie.

Plutôt que de répondre à chaque personne une à une, voici quelques clarifications sur la décroissance : ce que la littérature nous dit, et surtout ce qu’elle ne nous dit pas.

Un petit rappel  vraiment UTILE de  maitre Janco …

Qu’est-ce que la décroissance ?

Avant de rentrer en détails dans ce que nous dit la décroissance, il est primordial d’apporter une définition claire et concise. Dans la littérature spécialisée, il existe plus de 70 définitions de la décroissance. Elles ont en revanche toutes les mêmes objectifs : réduire la production et la consommation pour limiter les dégâts sociaux et environnementaux. Si vous ne deviez en retenir qu’une, celle de Jason Hickel est très claire :

La décroissance est une réduction planifiée de l’utilisation de l’énergie et des ressources visant à rétablir l’équilibre entre l’économie et le monde du vivant, de manière à réduire les inégalités et à améliorer le bien-être de l’Homme.

Dans notre interview, Timothée Parrique donnait sa propre définition qui est sensiblement la même : un ralentissement et un rétrécissement de la vie économique au nom de la soutenabilité, de la justice sociale, et du bien-être. C’est bel et bien une révolution par rapport au système économique actuel, fondé sur une expansion perpétuelle et disproportionnée qui ne profite qu’à une minorité.

Pourquoi la décroissance est nécessaire ?

Pouvons-nous continuer dans le système actuel ? La réponse est non. La civilisation humaine dépasse actuellement un certain nombre de limites planétaires et fait face à une crise multidimensionnelle de dégradation écologique, avec notamment une acidification des océans, une déforestation continue à l’échelle mondiale, un réchauffement climatique qui a déjà des impacts (y compris en France) et un effondrement de la biodiversité. Ce sont des faits incontestables qui sont désormais bien sourcés dans la littérature scientifique (notamment par le GIEC et l’IPBES), et plus vraiment le cri d’alarme de 2-3 activistes écologiques qu’une partie des médias adore moquer.

Quelles solutions face à cela ? Certain.es vous diront que nous devons continuer à cette recherche de croissance perpétuelle et que la solution réside dans la croissance verte : un découplage de la croissance du PIB et de son impact écologique.

Rappelons donc un point essentiel : un découplage absolu, NET et long terme avec -7.6% d’émissions de CO2eq/an (tout en gardant de la croissance !) n’est jamais arrivé et n’arrivera probablement jamais. Les contraintes à la fois de temps (neutralité carbone en 2050) et de budgets carbone, que cela soit pour limiter le réchauffement à +1.5 ou +2 degrés, rendent cette croissance verte extrêmement improbable.
Enfin, la préservation de l’environnement et du climat n’est pas qu’une affaire de CO2. S’occuper uniquement du CO2 oublie des éléments absolument clefs pour une société soutenable et souhaitable, à l’instar de l’effondrement de la biodiversité (et toutes les autres empreintes concernées) et autres indicateurs sociaux concernant les inégalités et la pauvreté.

Dans la mesure où mis à part un miracle technologique viendrait rendre cette croissance verte possible, la seule façon de respecter les limites des budgets carbone est que les pays riches ralentissent activement le rythme de production et de consommation de matériaux. Encore une fois, ce n’est pas une fabulation mais une constatation à la lecture du rapport 1.5 du GIEC. Comme le souligne très justement Hickel, il est important de préciser que la décroissance ne vise pas à réduire le PIB, mais plutôt à réduire le débit. D’un point de vue écologique, c’est ce qui compte. Bien sûr, cette réduction du débit est susceptible d’entraîner une réduction du taux de croissance du PIB, voire une baisse du PIB lui-même. C’est ce que cherche à faire la décroissance : tendre vers une société soutenable de la façon la plus juste et équitable possible.

Maintenant que la définition est claire, revenons désormais sur les critiques les plus récurrentes. Elles sont parfois légitimes et il est important de clarifier tous les malentendus pour que l’idée se démocratise et ne se limite pas qu’à un débat entre universitaires.

Décroissance ou récession ?

C’est très certainement l’erreur qui revient le plus souvent : confusion entre décroissance et récession. Je lis cette erreur au moins une fois par jour. Ce n’est pas faute d’avoir apporté une précision sur les deux termes en juillet 2020, en précisant ce qu’était vraiment une récession :

Votre décroissance s’appelle en réalité récession, ou plutôt dépression. Rappel : selon l’INSEE, ‘un pays entre en récession quand son PIB se replie pendant au moins deux trimestres consécutifs‘. Ensuite, la dépression économique se définit comme telle : ‘forme grave de crise économique. Elle consiste en une diminution importante et durable de la production‘.

Si nous avons deux mots différents pour désigner la récession et la décroissance, c’est tout simplement car ce sont deux choses différentes. Les récessions se produisent lorsque les économies dépendantes de la croissance cessent de croître : c’est une catastrophe qui ruine la vie des gens et exacerbe les injustices. La décroissance est un projet de société et appelle à un tout autre type d’économie : une économie qui n’a pas besoin de croissance en premier lieu (tout en pouvant en avoir), et qui peut apporter la justice et le bien-être même si la consommation d’énergie diminue.

“La COVID-19 nous a fait vivre la décroissance !”

Source : https://twitter.com/JL7508/status/1320367065123950592?s=20

De très nombreuses personnes ont comparé la récession et la COVID-19 avec la décroissance : c’est pourtant tout le contraire. C’est ce qu’indiquent les travaux d’Hickel, Kallis et Parrique parus en 2020. Voici une liste non exhaustive de différences entre décroissance et récession (Covid-19) :

1- La décroissance est une politique planifiée et cohérente visant à réduire l’impact écologique, à diminuer les inégalités et à améliorer le bien-être. Les récessions ne sont pas planifiées, et ne visent aucun de ces résultats. Elles ne sont pas destinées à réduire l’impact écologique (même si cela peut dans certains cas être un résultat involontaire), et elles ne sont certainement pas destinées à réduire les inégalités et à améliorer le bien-être.

2- La décroissance introduit des politiques visant à prévenir le chômage, voire à améliorer l’emploi, par exemple en raccourcissant la semaine de travail, en introduisant une garantie d’emploi avec un salaire décent et en déployant des programmes de recyclage pour sortir les gens des secteurs en déclin. La décroissance est explicitement axée sur le maintien et l’amélioration des moyens de subsistance des personnes malgré une réduction de l’activité économique globale. Les récessions, en revanche, entraînent un chômage de masse et les gens ordinaires perdent leurs moyens de subsistance.

3- La décroissance vise à réduire les inégalités et à répartir plus équitablement les revenus nationaux et mondiaux, par exemple grâce à une fiscalité progressive et à des politiques de salaire minimum vital. Les récessions, en revanche, ont tendance à aggraver les inégalités. Là encore, la crise COVID en est un exemple. Les mesures d’intervention (EQ, renflouements d’entreprises, etc.) ont enrichi les riches (en particulier au profit des propriétaires d’actifs), les milliardaires ont ajouté des milliards à leur richesse, alors que les plus démunis n’ont jamais autant souffert. C’est entre autres ce qui m’a d’ailleurs poussé à quitter mon travail en fin d’année.

4- La décroissance vise à développer les biens et services publics universels, tels que la santé, l’éducation, le transport et le logement, afin de rendre accessible les biens fondamentaux dont les gens ont besoin pour mener une vie prospère. Les récessions impliquent généralement des mesures d’austérité qui réduisent les dépenses dans les services publics.

5- La décroissance fait partie d’un plan visant à réaliser une transition rapide vers des énergies bas carbone, à restaurer les sols et la biodiversité, et à inverser la dégradation écologique. Pendant les récessions, en revanche, les gouvernements abandonnent généralement ces objectifs pour se concentrer sur la relance de la croissance, quel qu’en soit le coût écologique.

Dans la mesure où nous n’avons visiblement pas encore vu la fin de la pandémie et qu’il est probable que d’autres pointent le bout de leur nez (cf IPBES), les différences ci-dessus doivent absolument être comprises et la confusion doit cesser d’être entretenue.

“Le mot décroissance est mal choisi”

Le terme ‘décroissance’ est-il un problème en lui-même ? Ne devrait-il pas exister un autre terme qui mènerait à moins de confusion ? A cela, une réponse nuancée et objective est importante. Les critiques ne datent pas d’hier et de nombreux papiers de recherche sont déjà revenus sur l’origine du terme et son cheminement.

Tout d’abord, il est important de rappeler que la décroissance n’est pas le contraire de la croissance. Ce n’est pas parce qu’il est commun de comprendre le mot Croissance comme croissance du PIB que le mot décroissance signifie décroissance du PIB : cela n’a rien à voir.

Ensuite, c’est bel et bien le mot ‘croissance’ qui pose ici problème. Au lieu de vouloir à tout prix de la croissance, nous devrions nous demander pourquoi nous courrons après. En effet, elle ne permet ni de réduire les inégalités ni la pauvreté en France depuis 30 ans (Piketty, 2013). Malgré une soit-disant ‘ère numérique’, la croissance n’a jamais été aussi matérielle : elle traduit tristement notre besoin frénétique de biens matériels via la consommation.
L’exemple du téléphone est en ce sens parfait : pour continuer à garder de la croissance, il faudrait changer de plus en plus fréquemment de téléphone portable, jusqu’au jour où l’Iphone 56 du lundi sera remplacé par l’Iphone 57X du vendredi. Ce fameux toujours plus demande toujours plus de consommation de matières et d’énergie et mènera irrémédiablement au désastre écologique.

Une autre critique revient assez souvent sur le ‘dé’ devant croissance, qui aurait une connotation négative. A nouveau, cela ne tient pas debout. Est-ce que déconstruire une idée philosophique est une mauvaise chose ? Pas sûr que Jacques Derrida ou Michel Foucault l’entendent ainsi. Déconstruire un stéréotype serait mauvais pour la société ? Devons-nous voir positivement la colonisation, ou la décolonisation ?

Même si ce n’était pas le meilleur mot pour traduire les idées et valeurs sous-jacentes, devrions-nous nous arrêter à un mot ou à des idées ? J’ai l’étrange sentiment qu’une personne va sortir de nulle part, reprendre les idées et les mettre derrière un nouveau mot plus sexy… si cela arrive et que les idées sont in fine appliquées, j’en serais le premier ravi.

“Les décroissants sont anti-progrès et anti-technologie ! “

Source : https://twitter.com/ungazetier/status/1305768180284039168?s=20

Argument à la mode lorsque l’on débat sur la 5G, la décroissance serait anti-technologie, anti-recherche, anti-progrès. C’est tout simplement une grosse bêtise. Très souvent, les personnes avançant ces arguments sont des personnes qui ne font pas la différence entre innovation et progrès. Rappelons ainsi ce que disait Timothée Parrique dans notre interview :

Les gens qui fustigent la décroissance pour son caractère soi-disant « anti-innovation » ne font pas la différence entre l’innovation et le progrès. Une innovation n’est pas forcément un progrès – pensons aux armes biologiques ou aux techniques de spam sur Internet. Une innovation, c’est une nouvelle réponse à un problème. Mais le problème de quelqu’un peut être la solution de quelqu’un d’autre. Par exemple, les innovations en terme d’optimisation fiscale sont une solution pour les entreprises qui paient moins de taxe, mais un problème pour l’État qui en reçoit donc moins.

Et puis l’innovation ne prend pas tout le temps la forme d’un produit à vendre. L’innovation sociale, par exemple, participe au progrès si elle permet de réduire la pauvreté, l’exclusion, et la pollution. Les monnaies locales, les réseaux de partage d’objets, les coopératives, et bien d’autres, voilà le genre d’innovations que promeut la décroissance. Malheureusement, celles-ci ne sont pas considérées comme telles par un système capitaliste qui définit l’innovation comme ce qui permet de faciliter la production monétaire.

Outre cette confusion entre innovation et progrès, la décroissance n’est ni ‘anti-recherche’ (j’imagine la tête des membres de Research & Degrowth quand ils entendent cela) ni anti-technologie. Il s’agit avant tout de réfléchir à l’usage de la technologie, son intérêt sociétal et à son potentiel destructeur. La 5G est un excellent exemple : il ne s’agit pas d’être anti 5G mais de questionner son usage et son intérêt. Je n’ai vu personne (ni gouvernement ni entreprise) donner un rationnel prenant en compte l’impact écologique de cette technologie. Il n’est plus possible aujourd’hui de continuer cette course en avant technologique sans en questionner l’impact.

Aussi, il est également évident que certaines technologies existantes n’auront pas leur place dans une économie décroissante et qu’il faudra tout simplement les changer, voire les abandonner. Nous pouvons par exemple affirmer sans aucune hésitation que le trading haute fréquence n’a aucun intérêt sociétal et est une horreur écologique… à bon entendeur.

la Décroissance, c’est abandonner les pauvres”

La décroissance selon JB. Djebbari
Source : https://twitter.com/Djebbari_JB/status/1306485793771397121?s=20

Dire que la décroissance est en défaveur de ceux qui ont moins est au mieux une idiotie, au pis une manipulation politique. Dans la mesure où Mr. Djebbari est ministre délégué aux transports et qu’il a peut-être lu un papier scientifique dans sa vie, je vais pencher pour une manipulation politique.

A nouveau, rappelons que l’un des piliers de la décroissance est ‘Sufficiency’ : une société où toute personne doit avoir aujourd’hui et demain les moyens de satisfaire ses besoins fondamentaux :

3 piliers de la décroissance selon Tim Parrique
Source : Timothée parrique – https://bonpote.com/imaginer-leconomie-de-demain-la-decroissance-par-timothee-parrique/

Il est fondamental de rappeler ce que cherche à faire la décroissance : tendre vers une société soutenable de la façon la plus juste et équitable possible. Les premier.es concerné.es par la décroissance seront bien sûr les ménages les plus aisés. Rappelons ce graphique qui met en évidence l’incroyable empreinte carbone des ménages les plus aisés d’Europe :

Pourquoi les riches sont les premiers concernés par la décroissance
Source : https://twitter.com/diana_nbd/status/1280177349582077952?s=20

Responsabilité historique et injustice climatique

Certaines personnes s’inquiètent du fait que les partisans de la décroissance veulent que celle-ci soit appliquée universellement, dans tous les pays. Combien de fois ai-je entendu ”ahah mais va la vendre chez les Africains ta décroissance, tu vas voir s’ils en veulent !!

Cela serait problématique, car il est clair que de nombreux pays pauvres doivent en fait accroître l’utilisation des ressources et de l’énergie pour répondre aux besoins humains. En réalité, les partisans de la décroissance affirment clairement que ce sont précisément les pays riches qui ont besoin de décroître, à l’instar de la France dont l’empreinte carbone doit être divisée par au moins 5 dans les 30 prochaines années :

Empreinte carbone de la France : pourquoi la décroissance est nécéssaire
Source : Bon Pote – chiffres MTES

Pour appuyer cet argument, Hickel démontrait en sept. 2020 que la grande majorité de la dégradation écologique est due à une consommation excessive par les pays du Nord, celle-ci ayant des conséquences de manière disproportionnée pour les pays du Sud. C’est vrai aussi bien pour les émissions de GES que pour l’extraction des matériaux. La valeur ajoutée de son étude est que nous avons désormais des chiffres précis quant à la responsabilité historique des pays :

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2542519620301960

En effet, le Nord est responsable de 92 % des émissions mondiales de CO2 dépassant la limite de sécurité planétaire. 92% ! Et ce sont pourtant les pays du Sud qui subissent la grande majorité des dommages liés au changement climatique, à la fois en termes de coûts monétaires et de pertes de vies humaines. C’est cette injustice climatique que nous souhaitions mettre en lumière dans notre article sur les Iles Fidji.

Mot de la fin

L’objectif de cet article était d’apporter des clarifications sur la décroissance. D’abord ce qu’elle est : une réduction planifiée de l’utilisation de l’énergie et des ressources visant à rétablir l’équilibre entre l’économie et le monde du vivant, de manière à réduire les inégalités et à améliorer le bien-être de l’Homme. Puis, ce qu’elle n’est pas : une récession économique, une injustice pour les plus démunis, anti-technologie, anti-progrès…

Une fois que nous avons constaté que notre modèle actuel est tout simplement drogué à la croissance et qu’il est par conséquent insoutenable, il est urgent que le débat se déplace de la sémantique aux idées. Que cela s’appelle Acroissance, Post-croissance ou décroissance, ce n’est pas le plus important : nous devons réfléchir collectivement à ce que nous souhaitons comme société, qui aura comme prérogatives de respecter les limites planétaires et la justice sociale.

Bien sûr, au-delà des diatribes ridicules à la Luc Ferry ou Laurent Alexandre, certaines critiques sont légitimes et permettent aux chercheurs spécialisés de continuer de progresser sur la question : comment organiser la décroissance en Union Européenne ? Cela est-il possible sans être géopolitiquement à la merci des autres pays ? Comment rembourse-t-on la dette française dans un pays qui sera sans doute d’abord en récession ? Quelle indépendance de notre monnaie et pouvoir monétaire ?

Ce sont ces sujets sur lesquels nous devrions débattre. La décroissance et notre avenir méritent mieux que des caricatures.

Et le GIEC remet une couche…Les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ne comptent plus sur les marchés et la technologie pour éviter un réchauffement cataclysmique du climat, mais bien sur une planification opérant un changement en profondeur des sociétés, commente le professeur Éric Pineault, spécialiste de l’économie écologique:

https://ricochet.media/fr/3780/un-rapport-inedit-du-giec-propose-la-decroissance

Texte original:

Décroissance et préjugés

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