WTF: Nous entrons dans l’ère des monstres … climatiques

« On est dans l’aberration et tellement loin

des séries de données habituelles qu’on pourrait

se demander s’il n’y a pas un bug dans les mesures ».

Serge ZAKA

Un petit message de Greta d’abord: https://twitter.com/gretathunberg/status/1411017496212168706?s=24

« Let’s be clear — what you are doing is not about climate action or responding to an emergency. It never was. This is communication tactics disguised as politics. »

Inondations en Europe : comment le réchauffement climatique est passé de « menace pour les générations futures » à danger imminent
Les modèles scientifiques avaient vu juste : les catastrophes et autres phénomènes météorologiques extrêmes correspondent aux prévisions réalisées dès les années 1980 par les climatologues. Alors qu’il est de plus en plus difficile d’ignorer le réchauffement climatique, en percevons-nous vraiment les enjeux ?
« Nous sommes le canari dans la mine de charbon », alerte Gordon Murray, habitant de Lytton, au Canada, sur la chaîne CBC*. Au fond des mines, quand le canari mourait, les hommes disposaient de quelques minutes pour sauver leur peau. Ces petits oiseaux trimballés en cage donnaient l’alerte, au prix de leur vie, sur l’imminence d’un coup de grisou, une explosion soudaine causée par l’accumulation d’imperceptibles – inodores et invisibles – gaz toxiques. Le village de Lytton a disparu à 90%, ravagé par les flammes après que le thermomètre a atteint 49,6 °C, un record dans cette zone du globe. Désormais, Gordon Murray signale un autre drame imminent : « Le réchauffement climatique est en marche, et il avance vite. » 

Dôme de chaleur, incendies, grêles, inondations, famines : les monstres climatiques se réveillent partout dans le monde.

Entre les impressionnantes averses de grêle dans les Vosges, le dôme de chaleur qui explose les records de températures en Amérique du Nord, les inondations historiques à Moscou et la canicule qui souffle dans l’une des régions les plus froides de la planète, la Sibérie, le film d’horreur du changement climatique a bel et bien commencé. Novethic fait le point sur ces phénomènes extrêmes qui touchent plusieurs régions du globe actuellement.

UN « DÔME DE CHALEUR » MORTIFÈRE S’ABAT SUR L’AMÉRIQUE DU NORD

C’est du jamais vu. Après deux jours consécutifs de records de températures, le mercure continue de grimper au Canada et dans l’ouest des États-Unis. Dans la ville américaine de Portland, le 28 juin, le service météorologie américain (NWS) affichait 44,6°C. Deux jours plus tard à Vancouver, dans l’ouest du Canada, la chaleur était extrême : 49,5°C. Une canicule si intense que plusieurs centaines de personnes ont perdu la vie. Les villes ont ouvert des « centres de rafraîchissement », certaines écoles ont été fermées tout comme les centres de vaccination. La situation a pris une tournure encore plus dramatique le 1er juillet quand la ville de Lytton, au nord-est de Vancouver a été confrontée à d’importants incendies. 90 % de la ville a été détruite. Cette vague de chaleur sans précédent s’explique par un phénomène appelé « dôme de chaleur » : de hautes pressions emprisonnent l’air chaud dans la région. Si le changement climatique n’est pas l’élément déclencheur, il empire le phénomène.

 

https://www.ouest-france.fr/monde/madagascar/madagascar-est-le-premier-pays-a-subir-une-famine-a-cause-du-rechauffement-climatique-36ffcdf0-d692-11eb-b1dc-a73451ceafbf

La famine à Madagascar fait des ravages, contraignant des habitants à manger des criquets, des feuilles de cactus et même de la boue, a alerté vendredi 25 juin un responsable de l’ONU, en soulignant qu’il s’agit du premier pays au monde à expérimenter la faim à cause de la crise du réchauffement de la planète.

La situation actuelle, provoquée par plusieurs années de sécheresse, fait dire au patron du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, qui s’est récemment rendu sur place que « cela ressemblait à ce que vous voyez dans un film d’horreur ».
Une « situation très dramatique »

Vendredi, la directrice régionale du PAM pour le sud de l’Afrique, Lola Castro, qui a accompagné David Beasley dans son voyage, a évoqué une « situation très dramatique », lors d’un entretien vidéo. « Le pire est à venir », a-t-elle prédit.

« Nous avons des gens au bord de la famine et il n’y a pas de conflit. Il y a juste le changement climatique avec ses pires effets qui les affecte gravement », a-t-elle ajouté, jugeant une « action rapide plus que nécessaire » de la communauté internationale.

« Ces gens n’ont contribué en rien au changement climatique et ils en prennent l’entier fardeau à l’heure actuelle », s’est-elle insurgée, en citant David Beasley.

L’emprise de la famine est particulièrement importante dans le sud du pays. Il y a plus d’un mois, l’ONU avait déjà alerté sur une famine en progression mettant à risque plus d’un million de personnes.
Convention citoyenne : faut-il reprendre toutes les propositions « sans filtre » ?
L’île de l’océan Indien reste difficilement accessible à l’aide comme aux médias, en raison de la pandémie de Covid-19 et des restrictions qui l’accompagnent. Les agences humanitaires peinent aussi à sensibiliser sur la tragédie, alors que les fonds manquent pour apporter suffisamment d’aide.

L’EST DE LA FRANCE ENGLOUTI SOUS LA GRÊLE

L’Hexagone n’est pas épargné. En plein mois de juin, les habitants des Vosges et de la Haute-Saône ont été contraints de ressortir pelles et chasse-neiges. Mardi 29, plusieurs villes du département ont été touchées par un orage de grêle d’une violence exceptionnelle. Jusqu’à 80 centimètres de grêlons se sont accumulés, comme à Plombières-les-Bains, particulièrement touchée.  La commune « a vécu aujourd’hui un moment d’apocalypse », a témoigné sur Facebook la maire Lydie Barbaux. Des inondations ont parallèlement été observées dans l’Est. Une ligne électrique a été touchée et des récoltes ont été détruites.

Des scénarios qui risquent de se répéter à l’avenir. « Trop peu de technologies qui nous permettent de modéliser la grêle dans les simulations climatiques […] En revanche, les conditions météo qui amènent à ces phénomènes orageux en général sont amenées à se répéter, surtout avec l’augmentation des températures qui permet d’avoir plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère et plus de précipitations par conséquence. Les phénomènes violents arrivent déjà plus souvent », a détaillé le climatologue Robert Vautard, intervenu sur France Info en juin 2019.

LE CERCLE POLAIRE ARCTIQUE ÉTOUFFE

C’est une image spectaculaire qu’ont publiée les satellites du programme européen Copernicus en Sibérie. À la veille du solstice d’été, le 20 juin, le mercure est monté jusqu’à 48°C près de Verkhojansk, 43°C à Govorovo et 37°C à Saskylah, la valeur la plus élevée depuis 1936.

« Depuis longtemps, nous disons que nous allons avoir plus d’extrêmes comme de fortes vagues de chaleur », explique au National Geographic Ruth Mottram , climatologue à l’Institut météorologique danois. « C’est un peu comme si les projections se réalisaient, et plus tôt que nous n’aurions pu le penser. » L’Arctique, une des régions les plus froides de la Terre, se réchauffe en effet deux fois plus vite que le reste de la planète à cause du changement climatique. La région est régulièrement en proie à des « feux zombie », qui couvent pendant l’hiver et ressurgissent avec le développement de températures extrêmes pendant l’été.

 MOSCOU ENTRE CANICULE RECORD ET PLUIES DILUVIENNES

Après avoir été touchée tout au long du mois de juin par une canicule jamais vue depuis 120 ans – avec un pic de chaleur à 34,8 –  la capitale de la Russie a été noyée sous des torrents de pluie le 28 juin. La foudre a provoqué un incendie dans une centrale électrique à proximité de la ville, des arbres ont été arrachés par la violence des rafales et plusieurs lignes de métro ont dû être fermées suite aux inondations. « Les infrastructures de Moscou ne sont pas en mesure de supporter les plus 50 millimètres de pluie qui sont tombées sur la ville aujourd’hui » a détaillé le journaliste Alec Luhn, ancien correspondant en Russie pour les médias britanniques The Guardian et Telegraph.

https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/dome-de-chaleur-grele-inondations-les-monstres-climatiques-se-reveillent-partout-dans-le-monde-149955.html?utm_source=AlertesThematique&utm_campaign=02-07-2021&utm_medium=email

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