WTF : 20 entreprises émettent + de GES que la ….France !?

 

Whenever you find yourself on the side of the majority,

it’s time to pause and reflect

        Mark Twain

 

Incroyable20 entreprises d’élevage industriel (viande & lait) sont responsables de plus d’émissions de gaz à effet de serre que l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou la France – et reçoivent, cerise sur le cake,  des milliards de dollars de soutien financier pour ce faire, selon un nouveau rapport de militants écologistes.

C’est un remarquable travail de synthèse que viennent de publier la Fondation Heinrich-Böll et les Amis de la Terre dans une nouvelle étude baptisée l’Atlas de la viande. Le think tank et l’ONG ont passé au scanner la production et la consommation de viande dans le monde. Et les chiffres sont éloquents. Aujourd’hui, les 20 plus grandes entreprises de viande et de produits laitiers émettent 932 millions de tonnes d’émissions d’équivalents CO2 par an, c’est autant que les émissions totales d’un pays comme l’Allemagne.

Parmi les plus gros émetteurs se trouve, largement en tête, la multinationale brésilienne JBS. Le plus grand groupe de transformation de viande au monde est responsable d’un quart des émissions. Sur la deuxième place du podium se situe l’américaine Tyson, suivie par sa compatriote Cargill. Les émissions de ces trois géants, additionnés à celles de Dairy Farmers of America et Fonterra produisent plus d’émissions combinées par an que les grandes majors pétrolières comme Exxon, Shell ou BP. Or aujourd’hui « pas un seul gouvernement n’exige que les producteurs de viande documentent leurs émissions ou normalisent leurs objectifs de réduction des émissions afin de permettre des comparaisons au sein du secteur », notent les auteurs de l’étude. 

Entreprise viande

Émissions de gaz à effet de serre des 20 principales entreprises de viande et de lait par rapport aux émissions des pays et des compagnies pétrolières en mégatonnes, données de 2015 (pays) et 2016 (entreprises)

75 milliards d’animaux abattus chaque année

Et la situation pourrait encore empirer car la consommation de viande elle, ne cesse d’augmenter. L’ONU estime déjà que l’élevage représente 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. 75 milliards d’animaux sont abattus chaque année pour produire 325 millions de tonnes de viande, l’OCDE prévoyant une augmentation de 40 millions de tonnes d’ici 2029. « On est loin de respecter les limites de notre planète », a déclaré Christine Chemnitz, co-autrice de l’étude, lors d’une conférence de presse. 

En plus des émissions du bétail, le rapport souligne l’impact environnemental croissant des ressources connexes telles que le soja utilisé pour l’alimentation animale. Christine Chemnitz et son équipe ont calculé que 1,2 million de kilomètres carrés – une superficie trois fois plus grande que l’Allemagne – sont déjà consacrés à la culture du soja, dont plus de 90 % sont utilisés pour nourrir le bétail. Cette demande croissante entraîne une hausse déforestation et menace la biodiversité alors que les terres sont défrichées pour faire place aux cultures.

Sur ce sujet, le numéro un mondial de la viande, est régulièrement pointé du doigt, et pas seulement pas les ONG. En 2020, le fonds d’investissement Nordea Asset Management a ainsi annoncé se retirer du capital de l’entreprise, engluée dans des scandales à répétition. Lâché par ses investisseurs, JBS a dégainé un plan anti-déforestation en cinq ans et promis d’atteindre l’objectif zéro émission nette d’ici 2040. Une échéance à long terme qui ne répond pas à l’urgence de la situation, estiment les ONG. 

 

Nous le savons bien  ajd, l’élevage de bétail contribue de manière significative aux émissions de carbone, l’agriculture animale représentant 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Des rapports scientifiques ont montré que les pays riches ont besoin d’énormes réductions de la consommation de viande et de produits laitiers pour faire face à l’urgence climatique.

Entre 2015 et 2020, les entreprises mondiales de viande et de produits laitiers ont reçu plus de 478 milliards de dollars américains de soutien de 2 500 entreprises d’investissement, banques et fonds de pension, la plupart basés en Amérique du Nord ou en Europe, selon Meat Atlas, qui a été compilé par Friends. de la Terre et la fondation politique européenne Heinrich Böll Stiftung.

Avec ce niveau de soutien financier, le rapport estime que la production de viande pourrait augmenter de 40 millions de tonnes supplémentaires d’ici 2029, pour atteindre 366 millions de tonnes de viande par an.

Bien que la grande majorité de la croissance ait probablement eu lieu dans le sud , les plus gros producteurs resteront la Chine, le Brésil, les États-Unis et les membres de l’Union européenne. D’ici 2029, ces pays pourraient encore produire 60 % de la production mondiale de viande.

À travers le monde, indique le rapport,  trois quarts de toutes les terres agricoles sont utilisées pour élever des animaux ou les cultures pour les nourrir. « Rien qu’au Brésil, 175 millions d’hectares sont consacrés à l’élevage de bétail », une superficie à peu près égale à « l’ensemble de la superficie agricole de l’Union européenne ».

Reminder :  La viande ne représente que 18 % des calories consommées dans le monde, mais sa production = près des 2/3 des émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole.

Le rapport indique également une consolidation en cours dans le secteur de la viande et des produits laitiers, les plus grandes entreprises achetant les plus petites et réduisant la concurrence. L’effet risque d’évincer des modèles de production alimentaire plus durables.

« Pour suivre ce [niveau de production de protéines animales], l’élevage industriel d’animaux est en hausse et continue de pousser les modèles durables hors du marché », indique le rapport.

L’intérêt récent manifesté par les entreprises de protéines animales pour les substituts et substituts de viande n’était pas encore une solution, ont déclaré les militants.

« Tout cela est à but lucratif et ne résout pas vraiment les problèmes fondamentaux que nous voyons dans le système alimentaire actuel centré sur les protéines animales qui a un impact dévastateur sur le climat, la biodiversité et nuit en fait aux gens du monde entier », a déclaré Stanka Becheva, un militant pour l’alimentation et l’agriculture travaillant avec les Amis de la Terre.

L’essentiel, a déclaré Becheva, est que « nous devons commencer à réduire le nombre d’animaux destinés à l’alimentation sur la planète et encourager différents modèles de consommation ».

Plus de réglementation de l’industrie de la viande est également nécessaire, a-t-elle déclaré, « pour s’assurer que les entreprises paient pour les dommages qu’elles ont causés tout au long de la chaîne d’approvisionnement et pour minimiser les dommages supplémentaires ».

Du côté des investissements, Becheva a déclaré que les banques privées et les investisseurs, ainsi que les banques de développement telles que la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement devaient cesser de financer des projets de production intensive de protéines animales à grande échelle.

En Angleterre et au Pays de Galles, la National Farmers’ Union s’est fixé comme objectif d’atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre dans l’agriculture d’ici 2040…

https://amp-theguardian-com.cdn.ampproject.org/c/s/amp.theguardian.com/environment/2021/sep/07/20-meat-and-dairy-firms-emit-more-greenhouse-gas-than-germany-britain-or-france

 

 

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